FAMILLE

Le père Noël arrive ! 

par Maude Goyer, alias Maman 24/7

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Enfants qui regardent le ciel

« Il est là ! Je le vois ! » Je suis convaincue. Je bois les paroles de ma mère. Je me trouve dans la maison d’une tante, à la campagne, un 24 décembre. Flanquée de mes cousins et cousines, je cours à la baie vitrée et je tape de toutes mes forces dans la grande fenêtre givrée. Je ne veux surtout pas que le Père Noël ne m’oublie.


Je me souviens comme si c’était hier des traces laissées par nos petites mains moites, peut-être un peu crasseuses, sur le verre poli. Nous avions fait un beau dégât, dans la fenêtre de la salle à manger de tante Danièle… J’avais ressenti un peu de culpabilité face à cette fresque enfantine, visqueuse certes, mais remplie de nos espoirs et de notre admiration pour le Père Noël.

« J’ai vu une lumière rouge », jurait Sébastien.
« J’ai entendu un bruit venant du toit », renchérissait Julie.

Oui, c’était bel et bien vrai. Le Père Noël était là, pour nous et avec nous. 


Quelques instants plus tard, je ne distinguais pas la moustache de mon père sous la barbe blanche, trop obnubilée par la présence de mon idole… et par la grosseur de son sac rouge vif, imposant. Nous étions plus de douze cousins et cousines, fébriles et impatients, sorte d’essaim surexcité, bourdonnant et butinant autour du personnage.

Il me semble que nous déballions pendant des heures, mais en fait, ce n’était que deux ou trois cadeaux, rien d’exagéré. Nous partagions la fièvre de l’autre qui découvrait son présent; le plaisir s’en trouvait décuplé, comme si les cadeaux se multipliaient.

Les soirées étaient festives, sans fin, alternant rigodons, cantiques, verres de Pepsi, jeux de groupe, bavardages, parties de cartes et croustilles un peu mollasses. Je finissais immanquablement par m’écrouler près de ma mère, couchée de façon hasardeuse sur deux chaises juxtaposées.

Noël était fini.


Mais en fait, il ne faisait que commencer.

L’esprit de Noël avait été semé en moi – et il n’est pas près de me quitter ! Depuis que je suis devenue mère, les souvenirs de mes Noël d’enfance sont étrangement plus clairs, plus tangibles. Ne sommes-nous pas toujours un peu à la recherche de ces Noël perdus ? Sommes-nous de grands nostalgiques d’une époque révolue ? Essayons-nous de recréer un sentiment, une sensation, un souvenir ? Ou peut-être est-ce là ce qu’on appelle la tradition… 


Au-delà des achats, des préparatifs, des listes à cocher et de toute la frénésie de décembre, Noël se résume au bonheur de se retrouver ensemble, à manger, s’amuser, échanger, rattraper un peu le temps… Une tradition familiale joyeuse, inclusive et gourmande qui se passe d’une génération à une autre.

Faire le sapin. Mitonner de bons petits plats. S’habiller chic. S’échanger des vœux. Recevoir et visiter. Et nourrir la magie, bien sûr…


« L’as-tu vu, maman ? » me demande ma fille, les yeux brillants, la bouche en O, la tête fouineuse derrière le rideau.

Bien sûr que je l’ai vu. Une traînée lumineuse dans le ciel, comme une pluie d’étoiles filantes…Le père Noël arrive.

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La journaliste Maude Goyer s’intéresse depuis toujours aux questions entourant la famille et la maternité. Pigiste pour de nombreux magazines (Coup de pouce, Véro, Planète F, Châtelaine, Enfants Québec, etc), sa page Facebook Maman 24/7 rallie une communauté engagée. Chroniqueuse à la radio et à la télé, elle est aussi – et surtout ! – maman de deux enfants âgés de 8 et 11 ans.

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