FAMILLE

Rituel d'Halloween d'une fan finie

par Maude Goyer, alias Maman 24/7

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enfants qui passent Halloween

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Je connais des parents qui adorent l’Halloween. Ils se déguisent, décorent la maison, découpent des citrouilles. Et je connais des parents qui DÉTESTENT l’Halloween. Ils se terrent au fond de leur chambre, toute lumière éteinte (comme des vampires) et attendent que ça passe.

 

Je fais partie du premier groupe. Toute petite, déjà, j’aimais me transformer, changer d’allure et modifier mon apparence. Pour faire rire, pour faire peur et pour attirer l’attention aussi sans doute. À l’Halloween, c’est vrai, mon petit côté extraverti est servi : c’est la fête de toutes les extravagances. Tout est permis, être con, être terrifiant, être drôle, être fou.

 

J’aime cette fête où l’audace est applaudie : on peut oser, tenter un maquillage, essayer de créer un costume, imaginer une décoration pour l’entrée de la maison. Au pire, on se couvre de ridicule. Et alors ? N’est-ce pas rafraîchissant de montrer à nos enfants qu’on peut essayer et parfois, se tromper ? Expérimenter et réessayer ?

 

Emballés par mon exaltation, mes deux petits monstres embarquent à fond, année après année, dans ma ferveur halloweenesque. J’élabore un déguisement, je réfléchis aux décorations extérieures, j’imprime un tas de modèles pour découper les citrouilles (oui, « les » citrouilles) et eux, ils commentent, critiquent et jubilent. Et évidemment, ils trépignent !

 

Début octobre, on commence les achats bonbons (je ne vous révélerai pas le montant alloué, c’est presqu’honteux), on se prépare, un peu comme les écureuils dehors qui font leurs réserves. Puis, quelques jours avant la fête, on s’installe devant un film d’Halloween (cette année : Coco, des studios Disney Pixar, gros coup de cœur familial), et on remplit des centaines de petits sacs colorés (oui, des « centaines »).

 

Famille Halloween

Fin prêts, nous attendons le 31 octobre avec impatience. Et le jour J, attention : la maison se transforme en tourbillon ! On soupe en vitesse tout en ouvrant aux mini fantômes hâtifs et en enfilant les costumes et en peaufinant les maquillages. Pressés, les enfants quittent vers 18h30 pour faire la tournée du quartier avec l’Homme qui maugrée (il fait partie du deuxième groupe, le pauvre).

 

Chaque année, ma cuisine est remplie. Amis, membres de la famille, voisins sont invités. Ce n’est pas que le chaos sur la rue dehors; il y a un joyeux capharnaüm dans ma maisonnée. Et j’adore cela.

 

Lorsque les enfants reviennent, le costume à moitié retiré, la bouche pleine de caramel, ils s’installent dans le salon, par terre, et classent leurs bonbons avec enthousiasme. C’est aussi le moment pour nous, parents, d’examiner les friandises : sont-ils propres à la consommation ? Et surtout, lesquels je pourrais bien réclamer (ou carrément voler) ?

 

Une fois l’inventaire terminé, les échanges conclus et les dents bien brossées, les enfants filent sous la couette en rêvant de montagnes de smarties, de gentilles sorcières et de chats noirs. Et moi, je pige (bah, juste un peu) dans les sacs en dressant à l’Homme le palmarès des plus beaux, des plus drôles et des plus lugubres déguisements. Il fait la moue – cela ne change rien à ma dévotion.

 

Il ne le sait pas, mais je pense déjà à la prochaine Halloween.


 

La journaliste Maude Goyer s’intéresse depuis toujours aux questions entourant la famille et la maternité. Pigiste pour de nombreux magazines (Coup de pouce, Véro, Planète F, Châtelaine, Enfants Québec, etc), sa page Facebook Maman 24/7 rallie une communauté engagée. Chroniqueuse à la radio et à la télé, elle est aussi – et surtout ! – maman de deux enfants âgés de 8 et 11 ans.

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